SAINTE CHAPELLE

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA
8 Boulevard du Palais
75001 Paris

Téléphone : 01.53.40.60.80
http://www.sainte-chapelle.fr/

Métro :
Ligne 4, station Cité – Lignes 1,7,11, 14 : station châtelet
RER :
RER B ou C : station Saint-Michel
Bus :
Lignes 21, 24, 27, 38, 58, 81, 85, 96 et Balabus
Vélib’ :
Stations Vélib’ à proximité


Chef d’œuvre du gothique rayonnant, la Sainte-Chapelle est édifiée par Louis IX, futur saint Louis, pour abriter les reliques de la Passion du Christ.
A l’époque médiévale, la ferveur chrétienne attribue une très grande valeur aux reliques dont la possession confère un prestige considérable. En 1239, au terme de deux années de négociation, Louis IX rachète la Couronne d’Épines à Beaudouin II de Courtenay, empereur latin de Byzance. D’autres reliques liées à la Passion du Christ sont acquises en 1241 faisant de la collection de saint Louis l’une des plus fabuleuses du monde chrétien Louis IX décide alors d’édifier un monument digne de ce trésor. La chapelle est achevée en 1248.
Pour le très pieux Louis IX, modèle de tous les rois chrétiens, l’achat et le dépôt en son palais des reliques de la Passion est un acte à la fois politique et religieux :
– la Sainte Couronne d’Épines fait dire au pape lui-même que le Christ avait couronné Louis avec sa couronne,
– le fragment de la Vraie Croix sur laquelle est mort le Christ, était celui-là même sur lequel les empereurs de Constantinople prêtaient serment.
C’est l’occasion pour saint Louis d’affirmer la puissance de son royaume (la France est alors l’entité la plus puissante du monde chrétien occidental, seul royaume doté d’une capitale de 200 000 habitants, ville la plus peuplée d’Europe) tout en confirmant la monarchie capétienne de droit divin.
La Sainte-Chapelle peut aussi se lire comme un « testament vitré », à l’heure où saint Louis prépare son départ pour la septième croisade vers la Terre Sainte, juste après la consécration de la Chapelle en 1248.
Louis IX fait donc édifier un monument qui associe de manière emblématique la puissance de sa dynastie et sa mission terrestre de roi chrétien. La Sainte-Chapelle se doit d’être un reliquaire exceptionnel, l’expression parfaite de l’élévation de l’âme. Le pape Innocent IV écrit à saint Louis le 24 mai 1244 : « Tu as entrepris de construire sur tes fonds personnels une œuvre dépassant la matière ».
La Sainte-Chapelle est construite à l’imitation des chapelles palatines à deux étages, comme celles de Saint-Germain-en-Laye ou d’Aix-la-Chapelle. Le premier étage, où sont conservées les reliques, est réservé au roi, à la famille royale et à quelques grands privilégiés. Il est de plain-pied avec les appartements royaux. Le rez-de-chaussée est destiné au culte paroissial.
La Sainte-Chapelle témoigne de la virtuosité des ateliers parisiens sous le règne de saint Louis (chantiers de Notre-Dame, Saint-Denis).
Endommagée par des incendies en 1630 et 1776, éprouvée par la Révolution, transformée en lieu d’archivage judiciaire à partir de 1803, la Sainte-Chapelle bénéficie de 1840 à 1863 d’une restauration exemplaire qui restitue son aspect du XIIIe siècle.

Au début du XIXe siècle la Sainte-Chapelle n’a plus de flèche, ses vitraux sont très abîmés et partiellement détruits, ses sculptures mutilées ou arrachées, son mobilier liturgique supprimé, ses reliques déplacées.
L’engouement des romantiques pour le Moyen Âge pousse Victor Hugo, et un jeune architecte, Jean-Baptiste Lassus, à évoquer dès 1835 la nécessaire restauration de ce monument emblématique. L’intérêt du public pour le patrimoine monumental apparaît.
Dans un contexte de polémiques sur les principes de restauration des monuments, l’édifice fait l’objet d’importantes campagnes de travaux de restauration, voire de recréation, conduites par trois architectes qui s’y succèdent jusqu’à 1863 : Jean-Baptiste Lassus, Félix Duban, puis Émile Boeswillwald. Eugène Viollet-le-Duc y fait ses premières armes en les assistant en tant que « vérificateur ».
Le chantier de restauration de la Sainte-Chapelle au XIXe siècle dure près de trente ans et se révèle un des plus remarquables de cette époque et un symbole de l’histoire de la restauration monumentale de notre pays. Véritable chantier-école, il sert de modèle aux restaurations ultérieures.
La flèche est entièrement reconstruite et enrichie à sa base d’un grand vol d’anges porteurs des instruments de la Passion. Sont reconstituées, dans son soubassement, les statues en pied des douze apôtres, dont deux sont les portraits des restaurateurs. Un ange monumental, l’archange saint Michel, est également conçu pour la croupe du chevet par Geoffroy-Dechaume.
Les sculptures figurées des portails de la façade occidentale sont intégralement restituées, en tant qu’éléments indispensables à sa compréhension. Les statues de la chapelle haute, les décors peints, la tribune, les pavements et un tiers des verrières sont minutieusement restaurés ou refaits dans le style gothique du XIIIe siècle.
La restitution de la polychromie de l’ensemble des décors, diversement appréciée au départ, finit par correspondre au goût de l’époque pour une approche sensible de l’architecture et de la religion.